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Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs
Initiation à la communication non violente (CNV)

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Une communication de qualité entre soi et les autres est aujourd'hui une des compétences les plus précieuses. Par un processus en quatre points, Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant (Voir exemple) pour améliorer radicalement et rendre vraiment authentique notre relation aux autres.

Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre nous apprend principalement :

 à manifester une compréhension respectueuse à tout message reçu,

 à briser les schémas de pensée qui mènent à la colère et à la déprime,

 à dire ce que nous désirons sans susciter d'hostilité,

 à communiquer en utilisant le pouvoir guérisseur de l'empathie.

Bien plus qu'un processus, c'est un chemin de liberté, de cohérence et de lucidité qui nous est ici proposé.

Formé à la psychothérapie psychanalytique puis élève de Carl Rogers, Marshall Rosenberg, docteur en psychologie clinique, est directeur du "Center for Nonviolent Communication", une organisation internationale qui offre des séminaires de communication dans trente pays, y compris la France.

Présentation tirée du quatrième de couverture
Syros, 228 pages

Exemple, tiré du livre, montrant la puissance de cet outil

"Alors que je présentais la Communication non violente dans une mosquée du camp de réfugiés de Deheisha, à Bethléem, devant quelque cent soixante-dix musulmans palestiniens, j'entendis soudain une rumeur parcourir l'assistance et enfler. "Ils murmurent que vous êtes américain !" m'expliqua mon interprète. A cet instant, un homme se leva d'un bond et, me regardant droit dans les yeux, hurla : "Assassin !" Un chœur de voix renchérit aussitôt : "Meurtrier !" "Tueur d'enfants !" "Assassin !"

Par chance, je parvins à diriger mon attention sur ce que l'homme ressentait et sur le besoin que son message exprimait. Dans ce cas précis, j'avais eu quelques indices : ce matin-là, en arrivant au camp de réfugiés, j'avais vu les grenades de gaz lacrymogène qui avaient été lancées sur le camp la veille au soir. Sur chacune d'elles apparaissait clairement la mention "Made in USA". Je savais que les réfugiés en voulaient énormément aux Américains qui fournissent à Israël des gaz lacrymogènes et d'autres armes.

Je m'adressai donc à l'homme qui m'avait traité d'assassin :

- Vous êtes en colère car vous aimeriez que mon pays utilise ses ressources autrement ? (Je n'étais pas certain de viser juste, mais l'essentiel était que je m'efforce en toute sincérité d'identifier ses sentiments et ses besoins.)

- Un peu que je suis en colère ! Vous croyez qu'on a besoin de gaz lacrymogènes ? Nous avons besoin de fosses septiques, mais pas de vos gaz lacrymogènes ! Nous avons besoin de logements ! Nous avons besoin d'un pays à nous.

- Vous êtes donc furieux et vous aimeriez que l'on vous aide à améliorer vos conditions de vie et à accéder à l'indépendance politique ?

- Vous savez ce que c'est que de vivre ici ? Moi, ça fait vingt-sept ans que j'y suis avec ma famille, mes enfants... Est-ce que vous avez la moindre idée de ce que nous endurons ?

- Vous semblez désespéré et on dirait que vous vous demandez si quiconque peut réellement comprendre ce que c'est que de vivre dans ces conditions.

- Ah, vous voulez comprendre ? Dites-moi, avez-vous des enfants ? Ils vont à l'école ? Ils ont des terrains de jeux ? Eh bien moi, mon fils est malade. Il joue dehors, dans les égouts. Dans sa classe, ils n'ont pas de livres ! Vous avez déjà vu une école où il n'y a pas de livres, vous ?

- Je constate qu'il vous est très pénible d'élever vos enfants ici. Vous aimeriez que je sache que ce que vous voulez, c'est ce que tous les parents souhaitent pour leurs enfants : une bonne éducation, la possibilité de jouer et de grandir dans un environnement sain...

- Exactement ! Ce sont des droits fondamentaux ! C'est le b.a.-ba des droits de l'homme - c'est comme ça que vous appelez cela en Amérique, non ? Pourquoi ne venez-vous pas plus nombreux pour voir à quoi ils ressemblent les droits de l'homme que vous nous apportez ?

- Vous voudriez que davantage d'Américains prennent conscience de l'ampleur de vos souffrances, et qu'ils s'interrogent plus sérieusement sur les conséquences de nos actes politiques ?

Notre dialogue se poursuivit, et mon interlocuteur exprima sa souffrance pendant une bonne vingtaine de minutes. Je l'écoutai, cherchant à repérer les sentiments et les besoins implicites dans chacune de ses déclarations. Je n'approuvais ni ne désapprouvais ses propos. Je me contentais de recevoir ses paroles, non comme des attaques, mais comme un don de l'un de mes semblables qui cherchait à me faire partager ses rancœurs et son profond sentiment de vulnérabilité.

Une fois qu'il se sentit compris, il fut à même de m'écouter tandis que j'exposai les raisons de ma visite au camp. Une heure plus tard, celui qui m'avait traité d'assassin m'invitait chez lui à partager son dîner de Ramadan." (Retour)

Notre commentaire : un livre à lire impérativement, à une époque où insécurité et terrorisme nous menacent, pour mieux comprendre d'où provient la violence et comment y remédier. En ce qui nous concerne, nous espérons que la Communication Non Violente sera, d'ici quelques années, enseignée à l'école... et que son utilisation permettra, un jour, aux communautés aujourd'hui opposées au Proche-Orient, de se comprendre vraiment et de construire une paix durable, respectant pleinement les besoins de chacune d'entre elles.

Ajouté le 12/11/03
 

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