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Des coopératives pour se rapprocher
des consommateurs

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"Pour se rapprocher de consommateurs devenus méfiants, certains agriculteurs retrouvent le réflexe "coopérative". Comme ceux de la Bergerie, une ferme biologique du Vexin.

Les champs sont couverts d'une fine couche de givre, le terrain est cadencé par le mouvement des vallons, des plaines, des pentes boisées, et l'horizon est rosé par le soleil d'hiver...

En arrivant à la Bergerie, une ferme biologique située en plein cœur du parc naturel du Vexin (Val-d'Oise), à 70 km à peine de Paris, on est d'abord charmé par l'harmonie paisible des lieux. Ici, à Chaussy, sur ce domaine rural, propriété de la Fondation Charles-Léopold-Mayer pour le progrès de l'homme (FPH), s'activent une dizaine de bénévoles. Leur tâche : faire fonctionner la coopérative Saveurs du Vexin, créée en mars 2001. Avec un principe simple : les 170 consommateurs adhérents achètent directement leurs produits (viande, fruits, légumes, fromages) à la Bergerie et à une vingtaine d'autres producteurs locaux.

Au début, cette organisation n'allait pas de soi. L'une des fondatrices de la coopérative, Natacha Jegues, 28 ans, agricultrice à la Bergerie, se souvient : "Après notre conversion vers le bio, nous nous sommes demandé comment nous allions vendre nos produits." Les amis, les voisins, les collègues, tous sont conviés à la réflexion. Conclusion des débats : "Nous voulons consommer autrement." Oui, mais de quelle manière ? "Ce projet ambitieux s'appuie sur une structure juridique contraignante : la Société civile coopérative de consommateurs (SCCC)", explique Natacha, assise à son bureau, où s'entassent dans un coin des exemplaires du magazine France agricole. Ainsi, pour bénéficier des produits de la coopérative, il faut en être sociétaire, donc payer un droit d'entrée de 76 euros.

Si ce type de structure demeure très rare encore en France, les initiatives de rapprochement entre consommateurs et producteurs se multiplient. Entre les ventes directes à la ferme, promues par les chambres d'agriculture et les marchés, des centaines d'actions fleurissent dans chaque département.

A Chaussy, la vie est rythmée chaque mois par "la journée de la coop" encore appelée pudiquement : "le retrait". "Nous n'avons pas l'habitude de désigner clairement l'acte de vente. Alors, nous tournons autour du pot !" explique, à la fois gênée et amusée, Anne Burgeot, intermittente du spectacle. Cette coopératrice de 41 ans, ancienne citadine devenue accro de la ruralité, écrit dans le journal de la coop Le cri du héron. Un clin d'oeil au retour de ce grand échassier sur les terres de la ferme quand celle-ci s'est convertie au bio.

Au détour de la balade entre les vieux corps de ferme, entourés de ses 650 hectares de terres agricoles et forestières, on aperçoit une bonne centaine de salers, une race bovine réputée, au pelage frisé et à la robe acajou, sans compter les moutons, les oies et les poules. "C'est ici, dans la grange du bas ou devant, que les coopérateurs viennent chercher chaque mois leur commande", nous explique Anne Burgeot. Des tables sont dressées pour l'occasion. Les visiteurs peuvent aussi acheter du miel, de la confiture de myrtille, ou encore des bocaux de plats cuisinés. Et contempler, par la grande baie vitrée panoramique de la grange, le domaine du château de Villarceaux dans toute sa splendeur.

A quelques centaines de mètres plus loin, dans une ancienne bergerie retapée habitent Anne Collet, son mari et ses trois enfants. En adhérant à la coop, le couple, entrepreneur dans la restauration de bâtiments anciens, considère qu'il est gagnant à tous points de vue. "Je sais d'où viennent les produits que nous mangeons. Ils sont bons au goût, bons pour notre santé et respectueux de l'environnement", justifie Anne Collet, 33 ans. Autre argument de poids : le prix, qui se veut "le plus juste possible" autant pour le producteur que pour le consommateur. La coopérative fonctionne en effet sans intermédiaire. "Je vous défie de trouver une côte de boeuf de cette qualité, à 11,5 euros le kg !" D'une pierre deux coups, pour cette mère de famille qui n'aime plus guère fréquenter les grandes surfaces.

"Deux tiers des coopérateurs sont des cadres moyens avec un certain revenu", reconnaît Philippe Cacciabue, ancien gérant de la coop, habitant la Bergerie avec ses trois fils. Cet ingénieur de 38 ans veut croire aux possibilités de développement de ce type d'initiatives. Les signes positifs, en tout cas, se multiplient.

Les consommateurs se tournent de plus en plus vers les produits bio. Un français sur cinq selon une récente enquête de l'Institut national de recherche agronomique. Alors s'ils ont en prime l'occasion de tisser du lien social et de redécouvrir leur terroir..."

Reportage de Julia Lemarchand intitulé "Des coopérateurs nature" et paru dans le magazine "La Vie" du 11 mars 2004

Notre commentaire : voici une autre piste, après celle des jardins de Cocagne, qui nous semble aller dans le sens, très positif selon nous, du rapprochement des producteurs et des consommateurs. Thème "à la mode" depuis  de nombreuses années mais qui commence, enfin, à se traduire en réalisations  concrètes...

Ajouté le 25/03/04
 

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