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Les infiniment petits peuvent-ils remplacer
les pesticides ?

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"L'idée de faire appel à ce qui existe dans la nature pour protéger les cultures ne date pas d'hier. Il y a plus de trente ans que les chercheurs américains et britanniques se sont penchés sur le sujet, et presque autant que l'INRA d'Antibes a défini les moyens d'utiliser la coccinelle pour éliminer les pucerons. Une méthode qui a fait école : quelques entreprises privées produisent aujourd'hui à grande échelle des bêtes à bon Dieu (et aussi celles que nous allons évoquer plus loin). Quelques services espaces verts de grandes villes, comme celui de Caen, se sont même lancés dans l'élevage et la diffusion de la coccinelle afin de limiter l'usage des insecticides par les particuliers.

Déjà, dans les années 70, il fallait trouver des alternatives au DDT, auquel certains insectes nuisibles commençaient à résister, et qui, de plus, se révélait dangereux pour la santé humaine. La recherche anglo-saxonne était également sollicitée pour stopper les invasions de criquets dans certains pays.

Précieux auxiliaires. Aujourd'hui, en France, des méthodes de protection biologiques sont appliquées depuis plusieurs années dans les vignes, les vergers ou les serres, avec des taux d'efficacité plus ou moins satisfaisants. Leur gros avantage est de supprimer ou de limiter fortement l'usage de ces pesticides dangereux pour l'environnement et pour l'homme.

C'est ainsi que les maraîchers serristes ont recours à une petite guêpe, Encarsia formosa, ou à une punaise prédatrice, macrolophus, pour lutter contre une mouche ravageuse, l'aleurode. Cela est peu connu, mais les maïsiculteurs peuvent éviter les variétés OGM autodestructrices de pyrales en faisant appel à une autre mini-guêpe, le trichogramme, qui pond dans les oeufs de l'ennemi du maïs et les parasites.

L'implantation de ces petits hyménoptères se fait par l'installation de capsules de diffusion sur les tiges de maïs (aux Etats-Unis, on les répand même par avion). La méthode, cependant, n'est pas utilisée dans le Sud-Ouest, où il y a peu d'attaques de pyrale, et où le problème essentiel est celui de la sésamie (autre larve qui s'attaque au maïs au stade sortie de terre). Or, les trichogrammes ne s'attaquent pas aux oeufs de cette dernière.

La protection biologique emprunte aussi d'autres voies. Comme, par exemple, l'utilisation de phéromones qui diffusent l'odeur attirant les mâles de l'eudémis ou de la cochylis de la vigne, parasites à l'origine du ver de la grappe. On trompe ou désorganise la reproduction en plaçant des diffuseurs dans les vignes. De plus, comme les mâles cherchent, ils s'exposent davantage à devenir la proie des oiseaux. La méthode est largement utilisée dans le Bordelais. Les arboriculteurs peuvent, quant à eux, recourir à un virus (carpovirus) pour lutter contre le ver des fruits, le carpocapse.

Contre le ver de la grappe. Les entomophagistes français et ceux d'autres pays ont fait le point cette semaine à l'INRA de Bordeaux-Aquitaine, sur les recherches dans le domaine de la protection biologique. Denis Thiery, chercheur dans ce domaine au service santé végétale, et organisateur de ces 31èmes journées, précise que l'INRA de Bordeaux, à partir d'un programme qui fut entamé par la station de Colmar, poursuit ses travaux avec l'espoir d'apporter des méthodes satisfaisantes pour la viticulture. En particulier pour lutter contre ce ver de la grappe sans faire appel, ou le moins possible, à l'arsenal chimique.

Il s'agit d'un programme mis en œuvre en collaboration avec l'INRA d'Antibes, axé sur l'utilisation des trichogrammes parasites naturels des larves de ver de la grappe (Campoplex capitator et Dibrachys cavus). Si les petites guêpes donnent de bons résultats en maïsiculture, les essais en viticulture n'ont, en revanche, pas tous été concluants. Il s'agit notamment de voir si, par la diffusion d'odeurs sexuelles, les prédateurs ne peuvent pas être mieux fixés dans les vignes. Le projet prévoit en fait de combiner confusion sexuelle, confusion de ponte, et contrôle biologique.

Les entomophagistes ont d'autres voies à explorer. Notamment celles qui pourraient rendre ces auxiliaires plus performants.

On peut cependant se demander ce qui se passerait si les ennemis des ennemis des cultures se substituaient à ces derniers. Denis Thiery souligne cependant que l'"on ne fait que développer des méthodes avec des insectes naturellement présents dans le vignoble"."

Article de Gilbert Garrouty intitulé "Microcosmos dans les vignes" et paru dans le journal "Sud Ouest" du vendredi 25 avril 2003

Notre commentaire : nous relayons ici cet article, malgré les difficultés que nous avons rencontrées avec de nombreux termes utilisés dans celui-ci (!), parce qu'il montre l'existence d'une alternative - a priori séduisante - aux pesticides et aux OGM... et parce que la connaissance de cette alternative peut nous amener à modifier nos attentes de consommateur... et influer sur les pratiques agricoles d'aujourd'hui et de demain.

Modifié le 25/03/04
 

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