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Les agriculteurs ont aussi droit à des vacances
 

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Des services de remplacement permettent aux exploitants de confier leur ferme pour pouvoir prendre des congés

"Il y a une vie après les champs ! Fils d'agriculteurs, Bruno Kerebel, 34 ans, voulait goûter à la vie de salarié avant de s'installer. Commercial pendant trois ans, il s'est habitué aux congés payés, à une certaine qualité de vie. Même chose pour sa femme, qui officiait dans le para-agricole. Pas question de tout renier parce qu'ils reprenaient une exploitation de 60 ha à Pleyber-Christ, près de Morlaix (Finistère) ! Le jeune couple intègre donc un groupement d'employeurs. "Nous voulons bénéficier de services de remplacement en prévision d'accidents, mais aussi pour avoir des vacances", explique l'éleveur laitier. Grâce à ce système, le couple vient de s'offrir un congé de maternité et... de paternité à l'occasion de la naissance de leur second enfant.

"Nous avons même pris quelques jours à Center Park pendant mes quatorze jours pour paternité", glisse Bruno. Chaque année, le jeune couple s'accorde "un peu plus d'une semaine l'été" et des "week-ends rallongés" en hiver. Pas plus ? "Sinon, on s'ennuierait", plaisante l'éleveur. La raison est bien entendu financière. "Il faut payer les vacances mais aussi le salarié que nous rémunérons 105 € par jour." Trésorier de la fédération des regroupements d'employeurs de son département, Bruno constate que les agriculteurs prennent de moins en moins de jours de congés depuis quelques mois "à cause de la conjoncture".

"Depuis la crise de l'élevage, nous constatons un fléchissement général des demandes", précise Sébastien Loriette, le président de la Fédération nationale des services de remplacement. "Pourtant", insiste-t-il, "ce n'est pas l'envie qui manque." Et l'entourage n'y est pas pour rien. "Nous sommes passés d'une exploitation familiale à une agriculture individuelle, avec un conjoint ou une conjointe qui travaille à l'extérieur." Ce dernier, selon Sébastien Loriette, est souvent aux 35 heures et aspire à profiter de sa vie familiale. Il fait aussi allusion au fait que certains agriculteurs craignent de voir leur épouse partir s'ils ne s'en occupent pas assez...

En chiffres, les adhérents aux services de remplacement ne présentent encore qu'un dixième des agriculteurs. "Quelque 50 000 agriculteurs font appel aux 8 000 agents de remplacement, qui représentent environ 2 200 équivalents temps plein", résume Sébastien Loriette. Qui sont ces salariés qui remplacent les agriculteurs ? Il y a les fils d'agriculteurs qui se font la main et un peu d'argent de poche avant de reprendre l'exploitation familiale.

Il y a aussi des personnes, non issues du milieu agricole, qui souhaitent connaître le métier et ses astreintes pour savoir s'ils vont l'épouser. Il y a encore des chercheurs d'emploi épris de nature. "Le tam-tam porte loin dans les campagnes", sourit Sébastien Loriette. "Si un agriculteur a besoin d'un associé et qu'il apprend par bouche-à-oreille que tel salarié a une bonne réputation, il n'hésitera pas à lui faire signe."

Il y a enfin parmi les agents de remplacement des personnes comme Dominique Duval, 40 ans, qui ne veulent pas ou plus être attachés à une exploitation. Ce père de famille de cinq enfants a été "vacher de remplacement" avant de reprendre en 1988 une exploitation de porcs à Olivet, en Mayenne. De "mauvais cours" l'obligèrent à cesser son activité en 1993. Il prit un congé parental de cinq ans. Actif à nouveau depuis trois ans, il a décidé de devenir agent de remplacement. Un statut qui lui permet "de retrouver le milieu agricole sans avoir les soucis d'une exploitation". Aujourd'hui, Dominique change parfois trois fois d'exploitation dans la journée. Mais ses revenus sont désormais fixes. Son groupement d'employeurs s'est en effet engagé à lui garantir "120 heures de travail par mois". Une nouvelle façon d'être agriculteur."

Article d'Aude Carasco intitulé "Les agriculteurs ont aussi droit à des vacances" et paru dans le journal la Croix du 3 mars 2003

Notre commentaire : voici une piste nous a vivement intéressés, tant il semble parfois difficile de prendre des vacances quand on exerce le métier d'agriculteur ! C'est en tout cas ce que nous constatons pour nos amis Jean-Marc et Sylvie, qui sont respectivement exploitant agricole et conseillère en gestion dans le Lot et Garonne...

Ajouté le 18/02/04
 

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