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La piste de l'hydrogène
 

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Remarque préliminaire : dans les pages précédentes, nous avons relayé différentes pistes permettant de produire de l'énergie de façon sûre et propre, ou au moins, sans pollution supplémentaire pour ce qui est des économies d'énergie. Mais comment alimenter, sans polluer, les moteurs de nos véhicules et de nos machines... à partir de ces sources d'énergie ? C'est là qu'intervient la piste, que nous vous présentons ici !

"La combustion de l'hydrogène ne rejette que de la vapeur. Renouvelable à l'infini et ne produisant aucune pollution, ce gaz extrait de l'eau est l'énergie du futur (*), la seule solution face au réchauffement de la planète. De la production d'électricité à l'alimentation des voitures, ses emplois sont innombrables. Reportage sur le pari islandais pour changer le XXIème siècle.

"[...] Constituant principal des étoiles avec l'hélium, l'hydrogène est le plus énergétique des carburants connus. Les utilisations sont innombrables et vont de la production d'électricité au remplacement de tous les hydrocarbures. Gaz propre, il brûle dans l'air sans engendrer d'agents polluants en se combinant avec l'oxygène pour former à nouveau de l'eau. [...]

Toutes les entreprises, Shell, donc, mais aussi Exxon, BP, TotalFinaElf et aussi les constructeurs automobiles, Ford, Daimler Benz, Renault, PSA, Toyota, BMW, Honda, Nissan, General Motors et encore les producteurs d'électricité se sont lancés dans la course à l'"or H" et couvent l'Islande comme un trésor. C'est que dotée d'un important réseau de cours d'eau et de sources chaudes, cette île volcanique grande comme un tiers de la France réunit les conditions idéales pour entamer cette révolution : une population peu nombreuse (285 000 habitants), un niveau technologique élevé, une industrie hydroélectrique et géothermique qui produit 99,9% de l'électricité et permet d'obtenir, avec 15 centimes le kilowatt, le plus faible coût au monde. [...]

"Lorsqu'il (l'hydrogène) est comprimé et refroidi à -253°C, autrement dit conservé à l'état liquide, explique Bragi Arnason (professeur de Chimie à l'Université des Sciences d'Islande), sa puissance est deux fois et demie supérieure à celle de l'essence et tous les moteurs à combustion peuvent le brûler. Le passage à l'hydrogène permettra de doubler pratiquement le rayon d'action de tous les avions pour un même poids de carburant embarqué. Il peut, de même, alimenter les véhicules de transports en commun, les automobiles, les bateaux, et de façon générale, tous les moteurs." Toutefois, pour ces applications, il est préférable d'avoir recours aux piles à combustible. Alimentés en hydrogène, ces générateurs modernes produisent de l'électricité à partir de la simple réaction avec l'oxygène de l'air. [...]

"L'hydrogène pourra être brûlé sous forme de gaz de ville au seul prix d'une simple modification des brûleurs, affirme Bragi Arnason. Il pourra être employé dans l'industrie où ses applications sont innombrables. En contribuant à la réduction du minerai de fer, il permet par exemple, comme c'est déjà le cas pour des centrales américaines et mexicaines, de se passer de charbon ou de coke et de créer ainsi des aciéries "propres". Consommable directement sous forme de carburant dans les moteurs, il équivaut également l'essence, le gazole ou le GPL. Mais plus important encore, on pourra engendrer de l'énergie avec un meilleur rendement en utilisant des piles à combustible. Disposant d'une large gamme de puissances, les industriels et les particuliers auront la possibilité de produire eux-mêmes l'électricité propre à alimenter leurs entreprises et leurs habitations. [...]"

Au regard de ses multiples vertus, on se demande pourquoi une telle économie (basée sur l'utilisation de l'hydrogène) n'a pas été mise en place plus tôt. Pour l'expliquer, on a invoqué les contraintes techniques pour entreprendre une production de masse des piles à combustible, la difficulté de construire des réservoirs suffisamment étanches pour assurer la conservation de l'hydrogène extrêmement volatil, l'inertie des sociétés à mettre en œuvre des techniques nouvelles. Et puis la mauvaise réputation de l'hydrogène qui souffre, aux yeux du public, d'une image fortement négative depuis ce jour de 1937 où le dirigeable Hindenburg prit feu lors de son atterrissage à Lakehurst, dans le New Jersey. "Le drame du Hindenburg fut celui d'une mauvaise utilisation de l'hydrogène, explique le professeur. Depuis, les difficultés techniques ont été maîtrisées et ces craintes sont désormais sans fondement. Les probabilités d'explosion d'hydrogène liées à l'étroitesse extrême des fourchettes d'explosibilité sont en fait quasi nulles. Témoin l'alimentation en hydrogène de la ville de Bâle, en Suisse, qui remplace le gaz naturel sans incident notable depuis 1908."

En réalité, le retard est lié au lobbying des pétroliers et des producteurs d'énergies fossiles qui s'emploient depuis longtemps à maintenir la peur de son utilisation pour préserver les intérêts et les immenses profits de leur industrie. Jusqu'à présent, le coût élevé des piles à combustible a également ralenti leur développement mais, malgré les handicaps, les technologies ont considérablement évolué. En dépit de la concurrence avec les carburants conventionnels [...], et bien qu'aucune décision internationale n'ait encore imposé l'hydrogène (à travers, par exemple, une taxe sur les émissions de CO2), il fait une percée significative dans la société politique depuis la prise de conscience du réchauffement planétaire. [...]"

Extraits de l'article de Philippe Jost et Ari Tausti Gudmundsson (géophysicien et consultant de l'environnement à Reykjavik) intitulé "Hydrogène now" paru dans le magazine "Jonas" de Juillet - Août 2001

(*) il faut toutefois recourir à une autre source d'énergie, comme par exemple l'électricité, pour extraire l'hydrogène de l'eau... et la piste de l'hydrogène ne remplace pas mais complète les autres pistes mentionnées dans les pages précédentes.

Notre commentaire : si la France ne bénéficie pas de conditions aussi favorables que l'Islande pour atteindre un objectif du type "zéro pollution en 2030", il nous semble important de faire connaître la "piste hydrogène" pour au moins deux raisons . Tout d'abord parce qu'elle peut intéresser de nombreux chercheurs et industriels d'aujourd'hui  et de demain. Mais aussi parce que "la connaissance de l'existence de cette piste" peut nous amener à revoir nos attentes de citoyens et de consommateurs en matière d'énergie et d'environnement... et influencer politiques  et producteurs d'énergie. Pour peu, là encore, que nous fassions largement connaître nos attentes dans ces domaines !

Ajouté le 18/02/04
 

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