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Une piste pour le traitement du SIDA 
dans les pays défavorisés ?

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Avant toute chose, nous tenons à faire deux remarques.

1/- Etonnés de ne pas avoir entendu parler plus tôt de cette piste, nous avons cherché à vérifier son sérieux. Après une recherche effectuée via Google, nous avons constaté que la personne et que les travaux mentionnés dans l'article ci-après étaient référencés dans des sites aussi sérieux que ceux du gouvernement allemand ou de la prestigieuse université de Yale... et qu'ils sont donc, a priori, dignes de confiance.

2/- Nous avons été très choqués des menaces et de l'hostilité mentionnées dans cet article. Ceci étant posé, nous espérons vivement que ces menaces et que cette hostilité ne seront bientôt qu'un mauvais souvenir...

"De grands yeux malicieux, un sourire accroché aux lèvres. Le Pr Krisana Kraisintu est ce qu'on appelle une optimiste. Et de l'optimisme, il en faut lorsqu'on s'attelle à un fléau aussi dévastateur que le sida. Mais la scientifique est une forte tête. Lorsqu'elle prend la direction de la R&D (Recherche et Développement) de l'office de recherche thaïlandais, il y a douze ans, elle éprouve un véritable choc. Eberluée, elle constate que les nouveau-nés malades du sida sont laissés à l'abandon, faute des 600 euros nécessaires au traitement. Krisana décide alors de prendre le taureau par les cornes.

En avril 2002, après des années de travail acharné, elle réussit à mettre au point le GPO-Vir, un médicament générique de trithérapie vingt fois moins onéreux que ceux qui existent déjà. Les perspectives sont colossales. Non seulement ce traitement est accessible aux déshérités thaïlandais, mais il pourrait être exporté en Afrique, où la situation est autrement plus terrible. Sur les 28,5 millions de personnes qui y sont infectées, seules 30 000 bénéficient de soins (chiffres ONUSIDA). Mais cet espoir est ténu. Cette invention, qui contrecarre de gros intérêts financiers occidentaux, vaut régulièrement à Krisana des menaces de mort. Pourtant, elle ne renonce pas. A 51 ans, ce combat est devenu sa raison de vivre. "Tant qu'il y aura des femmes et des enfants qui mourront dans l'indifférence générale, s'insurge-t-elle, je n'abandonnerai jamais !"

Femme actuelle : Le sort de ces femmes et de ces enfants, est-ce là votre principale motivation ?

Krisana Kraisintu : Pas seulement. Un jour, je me suis disputée avec un politicien très célèbre en Thaïlande. Il m'a dit : "L'avantage, avec le sida, c'est que toutes les personnes de mauvaises mœurs vont finir par mourir." Furieuse, je lui ai rétorqué que les enfants à naître n'y étaient pour rien. Mais cette conversation a été un électrochoc : il fallait que je me batte pour ces gens. C'était en 1991. C'est ainsi que tout a commencé.

Femme actuelle : Au départ, votre action concernait essentiellement les malades thaïlandais...

Krisana Kraisintu : Je voulais que tous les malades puissent accéder au traitement quels que soient leurs moyens. Le GPO-Vir est un anti-rétroviral générique. Son atout essentiel est de pouvoir être produit à bas prix. Mais, afin que tout le monde soit traité, il fallait que l'Etat prenne en charge les soins. Pour qu'il puisse assumer les coûts, le prix mensuel du traitement par malade devait chuter sous les 30 €. Je me suis acharnée, et je suis arrivée à 27 €.

Femme actuelle : Cette prouesse vous a-t-elle valu des problèmes ?

Krisana Kraisintu : J'ai subi la pression des multinationales qui ont retardé mes travaux. Nos médicaments génériques sont très bon marché. Alors, forcément, nous leur faisons de l'ombre. J'ai reçu et je continue de recevoir des menaces du genre : "Si vous continuez, on vous tue." Mais je n'ai pas peur. Je suis célibataire, je n'ai pas de famille. Qu'importe que je meure ou bien que je vive.

Femme actuelle : C'est presque une attitude religieuse...

Krisana Kraisintu : Disons plutôt que j'essaie de bien faire. Je vais régulièrement au temple bouddhiste où viennent mourir les gens en phase terminale. A chaque fois, j'en reviens désemparée. Je prends conscience qu'il faut faire vite. Un jour de retard dans mon travail et ce sont des tas de gens qui meurent. En Thaïlande, 2,6 % des 65 millions d'habitants sont infectés. Environ un tiers d'entre eux ont besoin d'un traitement anti-rétroviral., soit 50 000 personnes. C'est trop, mais en Afrique, 28 millions de gens sont contaminés, et dans certains pays comme le Botswana, on compte 36 % de séropositifs. Alors, il faut que je fasse le maximum tant que je suis là. [...]

Femme actuelle : Pourquoi faites-vous tout cela ?

Krisana Kraisintu : Je ne sais pas... C'est une question de droits de l'homme, non ? Vous ne croyez pas que tous les malades devraient avoir accès au traitement ?

Femme actuelle : Quels sont vos modèles ?

Krisana Kraisintu : Je n'en ai pas vraiment. Beaucoup d'anonymes travaillent pour les pauvres, tel ce médecin qui exerce au Sud-Soudan depuis seize ans. Ils ne sont pas célèbres, mais ils me motivent. S'ils y arrivent, pourquoi pas moi ? Mais, surtout, j'aime mon travail. Et quand des gens peuvent prendre mon médicament, particulièrement les enfants, je suis heureuse.

Femme actuelle : Savez-vous ce que l'on dit de vous ?

Krisana Kraisintu : En Afrique, on me surnomme "Mama Tough" (maman coriace), et le journal médical The Lancet, "fighter" (combattante). Mais mes surnoms ne comptent pas, ça ne change rien à mon travail. Je veux me concentrer sur ma tâche, réussir la production de médicaments en Afrique pour venir en aide aux malades, où mon initiative s'appelle "One woman effort", parce que je suis seule. Tout le monde me dit que je n'y arriverai pas, et c'est presque un défi qu'on me lance. Quoi qu'il en soit, c'est cela mon rêve."

Reprise presque intégrale de l'interview réalisée par Thibaud Nolte et publiée dans le magazine "Femme Actuelle"du 1er au 7 décembre 2003 sous le titre : "Sida. La femme qui fait trembler les labos"

Notre commentaire : une interview, qui nous a bouleversés et que nous tenons à relayer, parce que le professeur Krisana Kraisintu semble actuellement très isolée dans son rêve de "réussir la production de médicaments en Afrique pour venir en aide aux malades"... et parce qu'une large diffusion de ce rêve nous semble pouvoir favoriser, d'une façon ou d'une autre, sa réalisation.

Ajouté le 18/02/04
 

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