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Jacques Tronchon, retour à la terre
 

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""Bâtir ensemble un projet de vie". En France, la formule sent l'élection présidentielle ou le slogan de promoteur immobilier vendeur de rêves. A Madagascar, elle résume ce que propose aux sans-abri d'Antananarivo un franciscain, le F. Jacques Tronchon.

Son association, Accueil des sans-abri (ASA), a monté un programme de réinsertion sur trois ans afin de permettre à des familles de sans-abri de devenir ou de redevenir paysans. Chaque année, une "promotion" d'une vingtaine de familles, soit une centaine de personnes, commence un parcours de trois années. Un an d'abord au village Saint-François à Antananarivo, puis un an passé dans une ferme à 12 km de la capitale, avant de faire le grand saut à 200 km d'Antananarivo, dans le moyen ouest de Madagascar, où l'association a obtenu de l'état 5000 hectares de terres vierges.

"C'est un peu l'histoire du Far West américain que nos familles vivent ici à Madagascar. Ce sont des migrants qui partent à la conquête de terres vierges", résume Jacques Tronchon. [...]

Première étape, la rue d'Antananarivo. Une équipe de Malgaches explique le projet de l'ASA à des sans-abri, et recrute des familles complètes, "car cette petite structure sociale permet un équilibre plus durable". L'équipe prépare psychologiquement la future promotion à affronter le projet. Car le choc sera rude entre les bidonvilles d'Antananarivo où ces familles ont échoué et la vie dans la campagne de l'Ouest malgache.

Pendant trois ans, il leur faudra apprendre à être autonomes, à se resocialiser, à cultiver, à bâtir. "Bien-sûr nous avons des défaillances parmi les candidats. Sur une promotion de départ de 20 familles généralement cinq ou six familles abandonnent le projet avant le retour à la terre", confie Jacques Tronchon.

Recrutée, la première formation va pouvoir passer une première année au village de Saint-François, sur les hauteurs d'Antananarivo. Là, Jacques Tronchon a créé un petit village qui s'étage sur la colline, une sorte de micro-société. Chaque famille a une pièce en dur et un lopin de terre où elle peut commencer à apprendre à cultiver.

Dès l'âge de 6 ans, les enfants vont à l'école. Avant, ils sont pris en charge dans une crèche. Les hommes se forment à la menuiserie, les femmes à la vannerie et à la couture. A l'heure du déjeuner, chaque famille va chercher ses plats à une cuisine commune. Une équipe sociale permet aux participants de retrouver des papiers d'identité, d'être suivis médicalement, de commencer à formuler des projets.

La deuxième étape se déroule à Antenety, où se trouve une ferme d'apprentissage et un hameau d'une vingtaine de logements indépendants. Là, les familles acquièrent une plus grande autonomie : la cuisine par exemple, se fait dans chaque foyer et non plus collectivement. "Nous avons racheté la ferme à un médecin malgache, aidés par la Caisse des dépôts et consignations et le Rotary", précise Jacques Tronchon devant la maison d'habitation qu'il vient de transformer en maison d'hôtes pour touristes. Un poulailler, des lapins, des vaches laitières. Au loin, les hommes de la promotion reviennent des rizières. On croise les enfants qui vont à l'école. L'air pur est comparé aux vapeurs d'échappement d'Antananarivo. Jacques Tronchon a un mot pour chacun, un mot pour motiver, pour aller plus loin. Il est fier de montrer le cuiseur solaire offert par le Rotary international, où les femmes ont appris à faire leur cuisine : "Vous comprenez, dans le moyen Ouest, il y aura très peu de bois."

Car, un jour, il faudra partir. Il est fixé au 6 mai pour les hommes qui prépareront leur maison à Ampasimpotsy, dans le moyen Ouest, avant que leurs familles ne les rejoignent le 6 août. "Là-bas, chaque famille devient propriétaire de 5 hectares de terrain, qu'elle défriche et cultive. Elle va mettre en application tout l'acquis des deux premières années. Aujourd'hui, 650 personnes vivent déjà à Ampasimpotsy", explique Jean Debrauwere, un ingénieur agronome à la retraite qui a fait toute sa carrière à Madagascar. Il revient maintenant deux mois par an dans "le pays de son cœur" pour aider Jacques Tronchon dans son projet.

Ampasimpotsy compte maintenant plusieurs hameaux de maisons individuelles, des greniers pour stocker les récoltes, une église. Les nouveaux colons sont épaulés par une équipe d'une dizaine de personnes de l'ASA, dont une assistance sociale, trois instituteurs et des encadrants agricoles.

Au total, ce sont 34 permanents malgaches qui travaillent à l'ASA. "Nous investissons chaque année près de deux millions de francs (305 000 €), précise Jacques Tronchon. Notre budget de fonctionnement pour les 34 permanents de l'association est d'un million de francs." A peu près le coût pour l'Etat français d'un chef de mission expatrié, qui généralement ne passera que trois ans dans ce pays réputé "difficile"".

Article de Pierre Cochez intitulé "Des sans-abri d'Antananarivo retournent à la terre" paru dans le journal "La Croix" du 23/01/02

"L'association Accueil des sans abris vise à l'autonomie. Chaque étape du programme de réinsertion fait l'objet de dépenses importantes : rémunération et frais de fonctionnement des équipes sociales, suivi médical, fourniture scolaires, frais des transports et d'installation des familles sur chaque site. Le processus engagé vise à l'autonomie financière de l'ASA et de ses familles, mais aujourd'hui, les productions agricoles et artisanales ne permettent pas encore l'autogestion de l'association.

Contacts : www.multimania.com/asamadagascar

Précisions parues dans le journal "La Croix" du 23/01/02

Notre commentaire : voici une expérience qui nous a vivement intéressés et qui pourrait se généraliser à d'autres lieux, et pourquoi pas en France même, où de nombreux territoires sont actuellement laissés en friches... ainsi que nous avons pu nous en rendre compte lors des feux de forêts de l'été 2003.

Ajouté le 12/11/03
 

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